Modèle simplifié de l'évolution thermique et mécanique d'une chaîne de montagnes résultant de la collision de deux continents initialement séparés par un océan
Les diagrammes P-T indiquent l'évolution thermique d'échantillons choisis dans les différentes unités structurales. Les lignes pointillées et les flèches qui leur sont associées matérialisent le géotherme et son évolution dans le temps. Le cycle orogénique débute dès l'ouverture de l'océan. Au stade précoce de l'ouverture de cet océan (à t1), un amincissement de la lithosphère continentale s'accompagne d'une remontée vers la surface de l'asthénosphère chaude. L'anomalie thermique importante qui en résulte provoque un resserrement des isothermes et peut être responsable d'un métamorphisme de HT-BP et de la mise en place de magmas basaltiques, précurseurs de la croûte océanique, dans la croûte inférieure continentale amincie. Les trajets P-T-t des roches basiques et de leur encaissant (diagramme PT à t1 ) sont quasiment isobares.

Si l'extension se poursuit, un océan s'ouvre (à t2). Un gabbro, mis en place à la ride, se refroidit rapidement en s'éloignant de celle-ci. Il parcourt un trajet de refroidissement, isobare, à basse pression (étoile verte t2 sur le diagramme P-T t2-t3). Lorsque la lithosphère océanique est suffisamment ancienne, elle plonge dans le manteau au niveau d'une zone de subduction sous une des marges passives ou sous la lithosphère océanique elle-même (t3). La lithosphère océanique froide s'enfonce rapidement (plusieurs cm par an) dans le manteau. Compte tenu de la mauvaise conductivité des roches, celle-ci se réchauffe lentement, tandis que la pression augmente instantanément avec la profondeur. Cette lithosphère plongeante est affectée d'un métamorphisme de faible gradient, de type HP-BT. Les roches suivent des trajectoires PT(t) comme celle de l'étoile verte à t3. Si certains de ces échantillons sont ramenés rapidement à la surface tandis que le processus se poursuit, ils suivront quasiment la même trajectoire en sens inverse (trajet rétrograde en tiret). A la base de la marge active, se mettent en place par refroidissement isobare, des magmas gabbroïques ("arc" sur le diagramme PT à t2-t3). Sur le diagramme suivant , sont portées les trajectoires de deux échantillons lors de la collision qui succède à la fermeture de l'océan. La roche 1 (étoile) se trouve dans la portion de croûte océanique pincée dans la suture. Celle-ci, après avoir suivi une trajectoire de HP-BT (étoile rouge à t4) pendant la subduction, est réchauffée et exhumée lors de la collision (à t5). La roche 2 (rond noir), sur la croûte continentale sous-charriée, est affectée par un métamorphisme de type PI. Par le jeu des déplacements de part et d'autre du chevauchement, les deux échantillons finissent par avoir une histoire commune (t6). La ligne tirets épais sur les diagrammes P-T matérialise le gradient métamorphique. Notons que ce gradient (ainsi que les trajectoires individuelles des 2 roches) atteint les conditions de l'anatexie hydratée (matérialisée par la courbe A). 
Les mécanismes dynamiques au niveau du manteau lithosphérique sont mal connus. Une désolidarisation (=délamination) de celui-ci et de la croûte semble inévitable. Celle-ci entraîne sans doute une remontée et une fusion partielle de l'asthénosphère chaude qui produit des magmas basaltiques (en noir à t7 et t8) qui vont intruder la base de la croûte (à t8). L'anomalie thermique qui en résulte, et la remontée rapide des roches (qui n’ont pas le temps de se refroidir), sont responsables du gradient de HT-BP qui succède parfois au gradient de PI (diagramme à t8 ) et d'une anatexie volumineuse à l'origine de granites et de la différenciation de la croûte. 
Les 3 lignes qui convergent sur les diagrammes PT  (de t4 à t8) délimitent les champs de stabilité des trois silicates d'alumine : Disthène, Sillimanite, Andalousite. Oph. : Ophiolites. 

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